Le projet en bref
Objectif visé : Restitution et exercice des droits des filles et des adolescentes du district de San Juan de Lurigancho - Lima, et de San Sebastián et Caicay - Cusco.Région d’intervention : Pérou, régions de Cusco et de Lima. District urbain de San Juan de Lurigancho - Lima et de San Sebastián de Caicay dans la région de Cusco.
Bénéficiaires Directs : 450 filles et adolescentes âgées de 6 à 17 ans. 30 enseignant.e.s dans les zones d’intervention. Indirects : 2000 élèves (dont 450 garçons), 1350 membres de familles, et 4500 adultes sensibilisés dans les 3 zones d’intervention.
Durée du projet : 3 ans, du 01.01.2022 au 28.02.2025
Coût du projet : CHF 388’535.- CHF
ODD concernés : ODD 16 - cible 16.2 (Mettre un terme à la maltraitance des enfants), ODD 5 (Égalité entre les sexes), ODD 10 (Réduction des inégalités ), ODD 4 (Éducation de qualité), ODD 8 - cible 8.7 (En finir avec le travail forcé).
Le projet contribue à la prévention de la maltraitance et des violations des droits des filles et des adolescentes du district de San Juan de Lurigancho - Lima, et de San Sebastián et Caicay dans la région de Cusco. Par des actions concrètes sur le terrain, le projet donne aux filles les moyens de connaître, d’exercer leurs droits, et de faire entendre leur voix dans un contexte familial, scolaire, communautaire et institutionnel plus sensibilisé et protecteur. Grâce au renforcement de leur autonomie et de leurs capacités de leadership, les bénéficiaires se reconnaîtront comme de sujets de droit, sauront identifier les situations à risque et connaîtront les moyens d’agir face à la violation de leurs droits.
La violation des droits des filles et des adolescentes durant la pandémie
Au Pérou, les cas de violence domestique et sexuelle ont augmenté depuis le début de la pandémie de la Covid-19, notamment à cause du confinement de plus de 7 mois qui a aggravé les facteurs déterminants de violence comme le stress, l’anxiété, les préoccupations sociales, l’augmentation de la pauvreté, la crise économique, les conflits familiaux, la consommation de substances psychoactives, et l’isolement. Il a limité à tous les niveaux les rapports sociaux des filles et des adolescentes péruviennes, affectant les relations avec leurs familles, ami.e.s et camarades de cours, l’accès à l’école et aux services de santé et de protection sociale. Par conséquent, des milliers de filles victimes de violence ont été dépourvues de soutien et d’aide.Une autre conséquence de la pandémie et du confinement pour les filles et les adolescentes a été l’augmentation du travail domestique forcé, soit dans leurs propres foyers, soit chez des tiers, au détriment de leur droit à l’éducation et à la santé. La surcharge d’obligations domestiques et les situations de travail forcé illégales ont entrainé l’accroissement des cas d’abandon scolaire.
Pour les filles scolarisées, les risques de violence ont également augmenté en raison de l’utilisation intensive des réseaux sociaux et des moyens virtuels pour accéder aux cours, car les délinquants sexuels et les réseaux de traite d’êtres humains tentent très activement de les saisir par ces moyens.
En 2020, au moins 3’835 filles et adolescentes ont été portées disparues au Pérou, soit plus de 10 par jour selon la Defensoría del Pueblo. 1’387 féminicides ont été commis au niveau national. 15 % des victimes avaient moins de 18 ans selon le Ministère de la femme et des populations vulnérables - MIMP.
Dans les zones d’intervention, 830 filles et adolescentes victimes de violence ont été prises en charge par les CEM : 536 à San Juan de Lurigancho - Lima, 235 à San Sebastián, et 59 à Caicay, dans la région de Cusco. A San Juan de Lurigancho, 146 cas concernaient des violences physiques, 161 des violences psychologiques, et 229 cas des violences sexuelles. A San Sebastián, 2 cas de violence pour des raisons financières ou patrimoniales, 50 cas de violences physiques, 152 cas de violences psychologiques et 31 cas de violences sexuelles ont été recensés. A Caicay, 11 cas de violences physiques, 30 cas de violences psychologiques et 18 de violences sexuelles ont été enregistrés. Le travail domestique des filles et adolescentes dans les zones d’intervention a également augmenté. Par conséquent, la fréquentation scolaire a diminué par rapport à 2019 de -2,4 % à San Juan de Lurigancho et San Sebastián, et de -3,5 % à Caicay.
Dans cette perspective, trois stratégies sont développées :
- La promotion de l’autonomisation des filles et des adolescentes
- Le renforcement du rôle protecteur des familles
- La promotion du rôle protecteur des écoles-enseignant.e.s, et la sensibilisation de la communauté en général.
(2)La sensibilisation des mères, pères et responsables de famille aux droits des filles et des adolescentes, ainsi qu’à la prévention des violations de leurs droits, à travers l’adoption d’une éducation positive, basée sur l’égalité de genre.
(3)Le renforcement des capacités d’agir des enseignant.e.s en matière de prévention et d’identification des situations de violence et d’abandon scolaire, ainsi que la promotion de l’égalité entre filles et garçons.
Les filles et adolescentes ont renforcé leur leadership, identifié la violence scolaire comme priorité et mené des actions de plaidoyer, instaurant un climat scolaire plus respectueux.
Enseignant.e.s, familles et institutions s’engagent progressivement à intégrer la prévention des violences dans leurs pratiques. Des filles à risque de décrochage ont repris l’école, et les relations familiales se sont orientées vers plus d’égalité et de protection.
- Soutien à l’organisation des filles et adolescentes leaders pour la construction d’un programme pour l’exercice, la promotion et la défense de leurs droits
- Formation pour les parents sur les stratégie d’éducation positive et égalitaire, actions de sensibilisation auprès des adultes responsables, campagne préventives et promotionnelles auprès de la population
- Formation d’enseignant.e.s sur les violations des droits des filles et des adolescentes, espaces de réflexion et de dialogue sur l’égalité des sexes avec les élèves masculins.
Les actions en faveur des droits des filles sont plus efficaces lorsqu’elles combinent la création d’espaces sûrs dédiés aux adolescentes, la sensibilisation communautaire et l’implication active des familles et des établissements scolaires, soutenues par la formation des équipes éducatives.
L’articulation entre écoles, communautés et institutions locales, notamment à travers des réseaux éducatifs, permet de diffuser les bonnes pratiques, de renforcer la protection des filles et d’élargir l’impact en milieux urbains comme ruraux.
Une approche intégrée, tenant compte des dimensions éducatives, sociales et communautaires, assure la durabilité des actions. Le projet montre que l’empowerment des filles, soutenu par le développement du leadership, des compétences sociales et la connaissance des droits, constitue un levier essentiel pour transformer durablement les normes éducatives et sociales et améliorer la vie des filles et adolescentes.


Notre partenaire local : CESIP - Pérou

Les actions du Cesip se concentrent sur deux grands axes : la défense des droits de l’enfant, et la promotion de l’équité de genre. L’accès à l’éducation pour tous.tes, la lutte contre la maltraitance, les abus sexuels et le travail des enfants, ainsi que le développement de la participation citoyenne et politique des femmes, sont les préoccupations au cœur de ses actions.
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