Le projet en bref
Objectif visé : Le projet cherche à garantir un accès universel durable et équitable à l’eau potable à travers la reconnaissance institutionnelle de la gestion communautaire de l’eau, en particulier pour les populations vulnérables dans les zones rurales et urbaines périphériques en Colombie.ODD concernés : Eau propre et assainissement (6), Villes et communautés durables (11), Mesures relatives à la lutte contre les changements climatiques (13), Vie Terrestre (15), Paix, justice et institutions efficaces (16).
Région d’intervention : Colombie
Bénéficiaires directs : 108 aqueducs communautaires du Réseau National : • 1’891 femmes et 1’670 hommes leaders des 9 organisations départementales et 48’196 usager-ère-s (23’134 hommes et 25’062 femmes).
Bénéficiaires indirects : 16’000 aqueducs communautaires et 11 millions de colombien-ne-s qui ont l’accès à l’eau.
Durée du projet : 3 ans
Montant : 442'066 CHF
Il appelle également à promouvoir une gestion durable des ressources, et au respect de la gestion communautaire de l’eau afin de réduire le nombre de personnes sans accès à un réseau d’approvisionnement en eau.
L’objectif principal du projet est de contribuer à la reconnaissance institutionnelle de la gestion communautaire de l’eau en tant que modèle durable pour assurer l’accès à l’eau.
Le projet vise également à la transformation du cadre réglementaire et législatif national afin que les institutions publiques reconnaissent officiellement le modèle de gestion communautaire de l’eau et garantisse l’accès à l’eau pour toute la population en tant que droit humain.
L’association partenaire mènera également des actions de plaidoyer auprès des organismes internationaux compétents, qui viseront la divulgation des bonnes pratiques de gestion communautaire de l’eau, ainsi que la dénonciation des violations du droit humain à l’eau.
En raison de l’absence d‘infrastructures et de réseaux d’approvisionnement publics en eau suffisants pour l’ensemble de la population, notamment dans les zones rurales, un modèle d’organisation communautaire non lucratif pour la gestion de l’eau potable a été développé par les communautés rurales, connu sous le nom d’« aqueducs communautaires ».
Les aqueducs communautaires opèrent également dans les zones périphériques de grandes villes telles que Bogotá et Medellín dans lesquelles s’établissent des populations paysannes et urbaines en situation de grande précarité. Il s’agit de communautés dont la situation s’est aggravée fortement depuis 2020 à cause de la crise sanitaire et économique survenue suite à la pandémie de la COVID-19.
Afin de garantir l’accès et l’approvisionnement de l’eau, chaque association communautaire prend soin et protège la source d’eau (micro-bassin) qui alimente son aqueduc, et crée des alliances avec d’autres aqueducs communautaires lorsque les mêmes sources d’eau sont partagées. Les aqueducs communautaires sont de tailles diverses ; ils peuvent concerner entre 20 et 200 familles associées. Ils sont également différents dans leur développement technologique et administratif. Ces organisations ont été contraintes de réaliser leur registre légal, de construire, aménager et apprendre à gérer ces infrastructures, de s’adapter aux exigences de l’Etat en matière de qualité de l’eau, entre autres.
Il est important de souligner que ce modèle de gestion communautaire garantit l’accès à l’eau, à l’assainissement, et assure une gestion durable des ressources en eau dans plusieurs régions du pays. Il répond ainsi à l’ODD 6 qui vise « un accès universel et équitable à l’eau potable, à l’hygiène et à l’assainissement d’ici 2030, en particulier pour les populations vulnérables ».
Aujourd’hui, plus de 16’000 aqueducs communautaires permettent à plus de 11 millions de personnes (soit 21% de la population) d’accéder à l’eau potable en Colombie. Ils représentent la réussite d’un modèle de gestion communautaire et non lucrative des ressources en eau.
Cependant, ces aqueducs communautaires sont confrontés à des problématiques environnementales de plus en plus complexes, et leur existence est mise en danger par le manque de reconnaissance de la part de l’État et des institutions publiques en tant qu’acteurs légitimes de la gestion et de la protection des ressources hydriques.
Les communautés qui gèrent les aqueducs communautaires souhaitent impulser l’adoption d’un cadre légal spécifique qui permette leur reconnaissance institutionnelle en tant qu’acteurs légitimes de la gestion de l’eau, et comme défenseurs et protecteurs des écosystèmes et des ressources hydriques en Colombie.
- 38 aqueducs communautaires appuyés, avec renforcement juridique et organisationnel.
- Gestion communautaire intégrée au Plan National de Développement 2022–2026, avec création d’une unité dédiée au Vice-ministère de l’Eau.
- Maintien d’un espace de dialogue permanent entre les communautés et l’État.
- Projet de loi visant la reconnaissance officielle des aqueducs communautaires adopté en première lecture au Congrès.
- Réseau National des aqueducs communautaires renforcé : alliances politiques, visibilité internationale et promotion d’accords public-communautaires comme alternative crédible.
- Soutien juridique et accompagnement aux aqueducs communautaires, résolution de conflits et actions en justice.
- Évaluation et diffusion des impacts des plans départementaux de l’eau sur l’autonomie locale via forums régionaux.
- Dialogue avec les autorités et participation aux consultations normatives, renforçant la reconnaissance de la gestion communautaire.
- Accompagnement du Réseau National : secrétariat technique, signature d’accords public-communautaires et formation des fonctionnaires locaux.
- Promotion et visibilité du droit humain à l’eau à travers rencontres nationales et internationales, et participation aux consultations des Nations Unies.
Cette expérience montre que l’eau, bien commun et droit humain, peut être gérée efficacement par les communautés elles-mêmes. Le modèle colombien d’aqueducs communautaires prouve la faisabilité d’une gouvernance locale, solidaire et décentralisée, fondée sur la participation citoyenne en alternative aux modèles de privatisation. Il démontre que les communautés peuvent non seulement améliorer l’accès à l’eau, mais aussi revendiquer leur droit à la gérer collectivement. Cette expérience est reproductible ailleurs, à condition de valoriser les savoirs communautaires et de garantir un appui juridique, technique et politique adapté. Le partenariat avec les universités et la consolidation d’alliances institutionnelles renforcent la durabilité du modèle. La diffusion de ces pratiques via les réseaux sociaux et des actions de sensibilisation permet d’inspirer d’autres acteurs.

Notre partenaire local : Penca de Sábila
Penca de Sábila promeut la mise en place de processus de gestion environnementale durables par le biais d’actions menées directement par les communautés locales.
Cette ONG fait partie du Réseau National des Aqueducs Communautaires de Colombie, organisation qui articule diverses associations territoriales et fédérations actives dans la défense de la gestion communautaire de l’eau. Depuis 2006, le Réseau National œuvre pour la reconnaissance nationale de la gestion communautaire de l’eau. Des progrès significatifs ont été obtenus grâce au dialogue et à la négociation avec le gouvernement, aux accords déjà convenus avec certaines municipalités, et au travail de renforcement des capacités des associations faisant partie du Réseau.
www.corpenca.org



